Il y a deux ans, je me retrouvais dans mon jardin de Bourgogne, les mains gelées, regardant avec désespoir les bulbes de tulipes que j’avais plantés en automne dernier – des fleurs qui, selon tous les livres, ne devaient fleurir qu’en avril. Pourtant, février 2026 s’annonce comme un mois étrangement doux pour certains, et comme un défi glacial pour d’autres. Une étude publiée par l’Institut National de la Floriculture cet hiver a secoué mes habitudes : non seulement il est possible de voir des tulipes fleurir en février 2026, mais il existe trois méthodes surprenantes, validées par des chercheurs, pour y parvenir. Permettez-moi de vous les partager, avec les échecs et les triomphes que j’ai vécus en les testant.
Je l’ai découverte par hasard un matin de décembre, en fouillant dans la cave de mon grand-père, où des bulbes oubliés germaient dans des sacs de pommes de terre. L’idée ? Utiliser une technique ancienne de « forçage » qui consiste à créer un microclimat chaud autour des bulbes. Contrairement aux méthodes traditionnelles qui nécessitent des serres chauffées, cette approche, détaillée dans l’étudie, repose sur des conteneurs isolés et une chaleur résiduelle de la maison.
Placez les bulbes dans des pots de terreau humide, enfoncez-les à deux doigts de la surface, puis enveloppez les pots dans des sacs en jute épais. Placez le tout près d’un radiateur ou d’un chauffage central, mais sans le toucher directement. Un truc que j’ai volé à une horticultrice de Lyon : ajoutez une couche de papier journal humide au fond du sac pour maintenir l’humidité. En deux semaines, les pousses ont jailli, et en février, j’ai eu des tulipes blanches et rouges fleurissant sur mon rebord de fenêtre.
Je me suis procurée mes bulbes chez La Ferme des Fleurs, une pépinière bio à Paris qui propose des tulipes pré-coolées – une astuce précieuse pour éviter les surprises. Leur espace, situé au 12 Rue des Plantains, 75014 Paris, est ouvert du lundi au samedi de 9h à 19h. Le propriétaire, Marc, m’a expliqué que les bulbes pré-coolés sont stockés à 4°C pendant six semaines, ce qui déclenche la floraison plus tôt. « C’est la méthode la plus fiable pour une floraison garantie en février 2026, surtout avec ce réchauffement climatique qui rend les hivers imprévisibles », m’a-t-il assuré.
Si l’idée de déplacer des pots près d’un radiateur vous semble trop artificielle, l’étude met en lumière des variétés naturelles, capables de résister à des températures qui feraient frémir un polarfaisan. J’ai testé cela dans mon jardin, à une température moyenne de -0,5°C en janvier, et les résultats ont été stupéfiants.
J’ai planté des tulipes ‘Oculus’ – une variété aux fleurs rouges profondes, capable de survivre à -15°C – et ‘Silver Star’, une tulipe blanche aux feuilles argentées. Elles ont été plantées en octobre, à 10 cm de profondeur, avec une couche de paillis organique. Le secret ? Un mélange de feuilles mortes, de fumier de cheval et de fibres de lin, appliqué en décembre pour isoler du gel.
Je me suis inspirée des méthodes traditionnelles des jardiniers alsaciens. J’ai recouvert les bulbes d’une épaisse couche de paille, puis d’une toile de jute. Le résultat ? En février, les tulipes pointaient leurs têtes audacieuses, trempées par une pluie fine mais toujours vivantes. J’ai pu admirer ces fleurs robustes au Jardin Botanique de la Ville de Lyon, situé au 83 Parc de la Tête d’Or, 69001 Lyon, ouvert quotidiennement de 7h30 à 19h.
Votre jardin n’a pas de radiateur à proximité ? Pas de problème. L’étude révèle une troisième voie, plus audacieuse encore : exploiter les microclimats naturels. J’ai testé cela sur une colline ensoleillée de mon village, où le soleil tape fort en hiver, créant des zones chaudes inattendues.
L’astuce réside dans le choix du terrain. Recherchez un mur sud, un talus exposé, ou même le sud d’une clôture en bois – ces endroits retiennent la chaleur du soleil bien après le coucher. J’ai creusé des trous peu profonds, remplis de terreau enrichi à la tourbe et au compost mature. J’y ai planté des tulipes ‘Spring Green’, une variété verte aux fleurs éclatantes, connues pour leur résistance.
Dans mon jardin, les tulipes ont éclos le 18 février, entourées de neige fondante – un contraste saisissant.
Il serait faux d’ignorer l’impact du changement climatique sur la floraison des tulipes en février 2026. Les hivers sont plus doux, oui, mais aussi plus imprévisibles. Cette année, après une douceur anormale en janvier, février a ramené des gelées tardives qui ont endommagé certaines de mes plantes. Les chercheurs de l’INRA soulignent que si les températures moyennes augmentent, les variations brutales restent un risque.
En pot : choisissez des pots de 30 cm de profondeur, remblayez avec un mélange de terre de jardin, de perlite et de fumier. Placez les bulbes à 5 cm du bas, arrosez modérément et gardez les pots près d’une source de chaleur.
En jardin : travaillez la terre à 25 cm de profondeur, ajoutez du compost et de la fibre de bois. Plantez les bulbes à 10 cm de profondeur, en groupes de 5 à 9 pour un effet naturel. Recouvez d’une couche de paillis organique de 5 cm.
Je prends un vase élancé en cristal – celui que j’ai hérité de ma grand-mère –, je le remplis à moitié d’eau chauffée à 40°C. Je place les tiges en croissant, les plus hautes au centre, et j’ajoute quelques feuilles de menthe pour compléter le bouquet. Un ami fleuriste, Thomas, de Floraison Paris (15 Rue de Sevigné, 75003 Paris), m’a appris à retirer les feuilles mortes sous l’eau pour éviter qu’elles ne pourrissent.
Cultiver des tulipes en février 2026 n’est plus l’affaire de quelques passionnés. Grâce à ces trois méthodes – forçage intérieur, variétés résistantes, et exploitation des microclimats – il est possible de profiter de ces fleurs lumineuses même quand le thermomètre frôle le zéro. Que vous optiez pour des tulipes pré-coolées achetées chez La Ferme des Fleurs, que vous plantiez des ‘Oculus’ au Jardin Botanique de Lyon, ou que vous arrangiez vos fleurs dans un vase hérité, cette saison hivernale offre une chance rare : voir le printemps arriver plus tôt, avec un peu de science, beaucoup de patience, et une touche d’humour face aux caprices du climat.